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– Bonnes feuilles – « Propos de table »

Critique gastronomique depuis dix ans, Aitor Alfonso a pris pour habitude de noter les bons mots entendus au resto. Accros à son compte Instagram @saucegribiche et son humour dévastateur, réjouissez-vous ! Ces 500 propos de table sont disponibles dès aujourd’hui en format papier (« Propos de Table », éditions Nouriturfu), dont voici un avant-goût. Parions que vous êtes déjà en route vers la librairie pour picorer la suite.

La tête de veau sans sauce gribiche, c’est comme Luchini qui ferait mal les liaisons.

Frire est le propre de l’homme. Rabelais aurait aussi pu dire ça.

J’allais tellement au resto que j’ai fini en burn out culinaire.

L’umami pour moi, c’est comme le point de patinage en conduite
et le point G dans le sexe : ça reste un grand mystère.

Ces petites assiettes à partager, c’est la famine organisée !

La soupe, c’est le jacuzzi de l’appétit.

Je suis amoureux de ce troquet : on vit une bistromance.

Vis chaque jour comme si c’était la dernière fois qu’on te servait des frites.

La mayo, c’est comme le gris, ça va avec tout.

Il paraît que l’intestin c’est notre deuxième cerveau. Moi c’est le premier.

Le beurre, c’est mon gras sûr.

Ma diète méditerranéenne consiste à mettre de l’aïoli partout.

Je connais un critique gastronomique qui, pour rester discret,
réserve toujours sa table au nom d’un dieu grec.

Cette cantine, c’est mon havre de mets.

La sauce est le verbe de la cuisine.

Tu dis pas l’assiette est moche, tu dis la composition est d’un brutalisme
sans concessions.

Déguster, c’est penser avec la bouche.

Chassez le naturel, il revient au bistrot.

En sortant du bistrot, je viens d’assister à une scène unique, un phénomène naturel fascinant, rarement visible à l’œil nu : la naissance d’un nouveau bourrelet.

Mon principal hobby ? La digestion.

Je suis bistrot ascendant comptoir.

Le fromage sans pain, c’est comme Brest sans la pluie : on perd en poésie.

Avec ce paris-brest, on roule à vive allure avec les fenêtres ouvertes sur la A11 des desserts.

On maigrira quand on sera mort.

L’ouverture de bouteilles à une main, sport bistrolympique à Paris en 2024 ?

On va prendre l’accord vins-vins.

Quand j’entends vin féminin, j’ai envie de mettre des gifles avec les œuvres complètes de Simone de Beauvoir.

Toute l’année je soigne mon saumur body.

Le cœur a ses raisins que la raison ignore.

Le magnum, c’est le format idéal quand on est deux et que l’autre n’a pas trop soif.

Propos de table, 500 bons mots entendus au resto, Aitor Alfonso, éditions Nouriturfu, 112 pages, 10 €.

Sommelière et barmaid de formation, Manon a ajouté un master en culture de la gastronomie et du vin (de l'université d'Angers) à son CV. Quand elle ne prépare pas un boeuf-carottes que lui a appris sa grand-mère Marie-Rose, elle parle nourriture sur son compte Instagram @parlons_bouffe.