Les inclassables

Flan, ris de veau, kebab… les instagrameurs monomaniaques

Des obsessions culinaires on en a tous. Mais certains accros sont monomaniaques au point d’y consacrer un compte Instagram. Du trader dans un fonds d’investissement à l’étudiant en sciences politiques, ils déclarent leur flamme à un plat, un dessert ou un produit culinaire sur l’incontournable réseau social.

Les sandwichs sur @dwich_date

Depuis qu’ils ont créé leur compte Instagram @dwich_date, Émilie et Paul cumulent les rendez-vous (autrement appelés date) avec des sandwichs de Paris à Toulouse, en passant par Londres. Pour séduire ce couple et entrer dans leur club intimiste, il faut être doté d’un pain de qualité (Émilie a fait du pain pendant un moment, elle connaît son sujet.) Leur dernier coup de foudre ? À Londres, celui repéré dans le livre Max’s Sandwich Book, The Ultimate Guide to Creating Perfection Between Two Slices of Bread (Max Halley et Ben Benton, ed. Bonnier Books Ltd), au pastrami, œuf, pickles et frites allumettes (10,95 £) du Sandwich Shop du chef Max Halley, qui réalise son pain lui-même. A Paris, Émilie et Paul flirtent avec la street food 100% végétale de la sandwicherie Plan D.

Max’s Sandwich Shop 19 Crouch Hill, Finsbury Park, Londres +44 20 7263 8759 Site internet

Plan D – Dwich & Glace 22, rue des Vinaigriers, 75010 Paris Site internet

L’œuf mayonnaise sur @oeufmayonnaise

Lors d’un échange universitaire à Tel-Aviv, les œufs deviennent les meilleurs alliés d’Elisabeth, la viande casher étant onéreuse et pas vraiment à son goût. En mal de bouffe française, elle a alors l’idée de créer le compte Instagram @oeufmayonnaise, où elle repartage les photos d’œufs mayo les plus alléchants de l’application. Aujourd’hui diplômée, cette auditrice en finances est aussi chroniqueuse de restos pour Le Fooding, à ses heures perdues. Cette randonneuse du dimanche a toujours un œuf mayo dans son sac à dos. Au resto, elle plante fréquemment sa fourchette dans les œufs mayonnaise du Bouillon Pigalle à Paris (1,90 €, champions du monde 2019). 

Bouillon Pigalle 22, boulevard de Clichy, 75018 Paris 01 42 59 69 31 Site internet

Le pâté croûte sur @pate_croute_france

Si on vous dit « Jean Croûte », cela vous parle ? Une tranche de pâté croûte en peluche (@iamjeancroute) que tous les fans rêvent d’avoir sur leur canapé. Julien Perret l’a fait en octobre dernier (lire dans Z ici). Sur son compte Instagram @pate_croute_france, 22 000 abonnés se payent une tranche des photos de pâté croûte de l’ancien journaliste, aujourd’hui « responsable contenu » pour les hôtels et restaurants Les Collectionneurs. Son obsession culinaire a pris des envergures de concours, qu’il a lui même lancé : Pâté en croûte de confinement, de « reconfinement », Passion découpe et le dernier en date, celui de Meilleur pâté en croûte amateur 2022 (du 28 mars au 8 avril sur Instagram). Prêts à voter ? A vos likes !

Le ris de veau sur @risdeveau_paris 

Trader dans un fonds d’investissement, Mathieu Dussault est aussi un copain de Julien Perret, pionnier du compte Instagram culinaire monomaniaque avec sa passion pour le pâté croûte (voir @pate_croute_france). Il lui a donné l’idée de créer ce compte consacré à cet abat si délicat et parfois dénigré. Souvent attablé dans des restaurants en France, il atteint le septième ciel lorsqu’il déguste le vol-au-vent (garni de noix de ris de veau) du Café des Ministères (41 €) à Paris, passe un bon moment avec le ris de veau du bistrot parisien Le Baratin (36 €) et plane totalement devant celui du chef Bruno Oger du restaurant étoilé la Villa Archange, près de Cannes. Ce petit-fils de boucher connaît tous les travers de son abat bien-aimé, il se penche même sur ceux de Picard en ce moment, pour voir ce qu’ils ont dans le ventre. 

Le Café des Ministères 83, rue de l’Université, 75007 Paris 01 45 33 73 34 Site internet

Réserver

Le Baratin 3, rue Jouye-Rouve, 75020 Paris 01 43 49 39 70

La Villa Archange rue de l’Ouest, 06110 Le Cannet 04 92 18 18 28 Site internet

Réserver

La pizza sur @alexis.pizzacrusader 

On pourrait surnommer Alexis, l’homme aux milles pizzas. Mille étant le nombre de pizza qu’il a goûtées depuis trois ans et publiées sur son compte Instagram @alexis.pizzacrusader (signifiant « Croisé de la pizza » en anglais). Parcourant le globe de New York à Dubaï en passant par l’Italie pour dénicher des pépites, ce consultant en restauration italienne est aussi chef de bar d’une boîte de nuit le week-end. L’élue de ses papilles reste la totò (22 €) de la pizzeria parisienne Fratelli Castellano, à base de pesto à la pistache, burrata AOC, mortadella AOC, tarallo napolitain (biscuit salé au vin blanc)c, huile d’olive et basilic. Mais sa quête des pizzas ne s’arrête pas là, départ imminent pour Istanbul ! 

Fratelli Castellano 43, rue Fondary, 75015 Paris 01 45 77 61 93 Site internet

Le kebab sur @kebabologuedepaname

Quand il n’est pas sur les bancs de l’université, Edgar écrit sur son compte Instagram @kebabologuedepaname. Entre deux cours de sciences politiques à l’Institut Catholique de Paris, il parcourt les rues parisiennes en quête de la meilleure broche de bidoche. Âgé d’une vingtaine d’années, il n’est pas néophyte en la matière, puisque tous les samedis, il embarque un groupe en « food tour » No Diet Club, où les anecdotes historiques sont les bienvenues – saviez-vous que les soldats de l’Empire ottoman embrochaient des morceaux de viande sur leurs sabres pour les faire rôtir ? Le döner parisien de son cœur se déguste à la turque aux Délices aux mille et une épices (6 € avec frites et boisson), où le patron fait tourner un mélange de trois viandes (veau, agneau, dinde) avant de le flanquer d’une sauce brésilienne, la préférée de notre spécialiste en « kebabologie ».

Délices aux milles et une épices 63, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

Le fromage sur @mlle.fromage

Aurika est tombée dans la marmite à frometons quand elle était petite. Pour souffler ses bougies, son père lui préparait des pièces montées de fromages. Après sept ans d’études dans le commerce et quatorze en restauration, comme manageuse, serveuse et barmaid, pour ne pas se tourner les pouces en début de confinement, elle décide de déclarer sa flamme au fromage sur son bien nommé compte Instagram @mlle.fromage. Pour ses followers, elle chine dans des fromageries et chez des producteurs en France. À travers ses mots (qu’on peut aussi lire dans Le Fooding), les fromages prennent des allures sexy et poétiques. Cet électron libre vient d’ouvrir sa cave à manger Penny and Ka à Paris dans le 10e arrondissement, où elle propose la crème de la crème. Comme ce fromage de chèvre au charbon végétal et curcuma du producteur Le Bois d’Amalthée (mais aussi de belles miches, de la cochonnaille et des vins vivants).

Penny and Ka 48, rue de Chabrol, 75010 Paris 06 24 66 70 55 Instagram

Le flan sur la @flanterie

Le goût pour le flan de Benjamin a déjà fait l’objet de moqueries, certains le trouvent peu appétissant. Pourtant, nombreux l’ont élu star en la matière sur son compte Instagram @flanterie depuis deux ans. Son identité visuelle léchée et ses notes sur la texture, le visuel et le goût font de son compte un guide  « flantastique ». Le Bonbon a même utilisé son contenu écrit dans un article Top des adresses où manger les meilleurs flans de Lyon (où il habite). Ce social média manager de 24 ans, flantologue à ses heures perdues, a déjà goûté 80 flans, de Lyon à Paris en passant par Annecy. Sur son compte, le flan du chef pâtissier Yann Couvreur (3,80 €) est premier de la classe, Benjamin lui ayant décerné la note 4,75 sur 5.

Pâtisserie Yann Couvreur Paris 4e, 10e, 15e 17e arrondissements Site internet

Le paris-brest sur @parisbrestfever 

Ce chef de projet RH est aussi un bec sucré légèrement obsédé par le praliné de la pâtisserie en forme de roue de vélo (hommage à la course cycliste Paris-Brest-Paris) sur son compte Instagram @parisbrestfever. Par le plus grand des hasards, il a déménagé à Maisons-Laffitte, où a vu le jour cette pâtisserie francilienne dans la maison mère Durand, pâtisserie fondée il y a 102 ans. Une fois par mois, il s’y rend en pèlerinage pour savourer la recette restée secrète. Il traverserait Paris pour le paris-brest du chef pâtissier Yann Couvreur (7,20 €) à la crème pralinée à souhait ou celui du chef pâtissier Michaël Bartocetti au restaurant La Galerie de l’hôtel George V (25 €) au pochage très technique. Le paris-brest de la brasserie Dubillot (dont beaucoup font des éloges) sera le prochain dans lequel il plongera sa cuillère.

Durand et Fils. 9, avenue de Longueil, 78600 Maisons-Laffitte 01 39 62 01 83 Site internet

La Galerie 31, avenue George V, 75008 Paris 01 49 52 70 06 Site internet

Sommelière et barmaid de formation, Manon a ajouté un master en culture de la gastronomie et du vin (de l'université d'Angers) à son CV. Quand elle ne prépare pas un boeuf-carottes que lui a appris sa grand-mère Marie-Rose, elle parle nourriture sur son compte Instagram @parlons_bouffe.