Un sandwich, un parc

26 avril 2022
Illustration par Silvia Tack pour Z

Avec les beaux jours monte une envie de flâner au soleil et de mettre sa pause déj’ au vert. Ne tournez plus en rond, la rédaction de Z a sorti les crocs et déniché les sandwichs qu’il vous faut à moins de dix minutes à pied des parcs et jardins parisiens. Rive droite ou rive gauche, à vos casse-dalles !

Jardin du Palais-Royal (1er arr.)

Le bagnat de Bagnard (8 min à pied)

Chers Niçois, vous pouvez venir en paix, déguster le pan-bagnat (signifiant « pain baigné » en nissart) du chef Yoni Saada. Il semblerait que la recette ait été respectée. J’ai choisi la version la plus classique parmi les recettes proposées (de simples variations, ne vous affolez pas les Niçois). Le pain à l’aspect moelleux est un demi-complet élaboré exclusivement pour Bagnard par l’épatante boulangerie Emile et Jules, deux frères meuniers-boulangers associés à leur père agriculteur-céréalier. Nous sommes loin du pain rassi humidifié, qui a donné naissance à ce sandwich. Dans cette interprétation, le jus des tomates imprègne la mie, tout autant que le gras des anchois et du thon. Le mesclun, les cébettes, les radis, le basilic et la tomate viennent jouer leur rôle rafraîchissant. Toutes les saveurs du Sud au milieu d’un jardin parisien. Par Manon Aïn-Establet.

Bagnard – 7, rue Saint-Augustin, 75002 Paris – 09 86 17 63 17 – Site internet – Sandwich à partir de 9 € 

Le Lulu Le Bagnard de Bagnard

Jardin des Tuileries (1er arr.)

Le sandwich au pâté du Petit Vendôme (6 min à pied)

Les montres de luxe de la place Vendôme sont à deux pas et pourtant si loin de l’ambiance de ce restaurant où aligot, œuf mayo et fritons d’Aurillac font la fête sur des tables nappées de carreaux rouges. Pourtant le classicisme français est là à sa manière. Au beau milieu du bistrot se dresse un petit stand, où une charmante dame, avoisinant la soixantaine, prépare des sandwichs minutes. Malgré la longue file d’attente bouchonnant l’entrée du bistrot, pas le temps de regarder sa montre. Je hurle ma commande : un sandwich avec votre terrine maison ! Il arrive, simple mais fier dans sa baguette bien grillée et presque entière. Un vrai casse-croûte de pique-nique, le même (sans exagération) que celui que je dégustais dans les Cévennes, en famille, au bord de la rivière. Par Ophélie Francq.

Le Petit Vendôme – 8, rue des Capucines, 75002 Paris – 01 42 61 05 88 – Site internet – Sandwich 6 € 

Le sandwich au pâté du Petit Vendôme

Le sandwich au caviar de Prunier (10 min à pied)

Un sandwich au caviar. On peut s’indigner, trouver que c’est gâcher, considérer que la place du caviar est au dos de la main, comme l’usage veut qu’on le déguste, entre la racine de l’index et du pouce. On peut regretter que la baguette s’égare, préférer qu’elle s’en tienne aux partitions qu’elle connaît déjà par cœur : le poulet-crudités, le mixte, le parisien ou le thon-mayonnaise. Ou alors, on peut se laisser aller, s’émouvoir de la rencontre de l’iode, du beurre fondu et du pain chaud, sourire à la vue de ce micro-modèle – entre l’amuse-bouche et l’encas — et se convaincre que les 12 euros dont on s’est départi ont été bien dépensés… avant d’enchaîner sur l’énorme sandwich au pâté du Petit Vendôme pour la moitié du prix ! Notez que ce sandwich se déguste extra-frais. Par Elisa Nguyen Phung.

Prunier – 15, place de la Madeleine, 75008 Paris – Site Internet – (Petit) sandwich à 12 €

Le sandwich au caviar de Prunier

Square du temple (3e arr.)

Le sandwich au cochon noir de Bigorre de Caractère de cochon (3 min à pied)

Au Caractère de cochon, c’est la petite échoppe où se croisent Portugais, Anglais et Italiens. Une clientèle à mille lieues de l’authentique patron, seul dans son garde-manger, qui distille un seul conseil : « Ce sont vos goûts pas les miens. » Ici, une marmite de choucroute trône à l’entrée et les références de jambon sont nombreuses. Toscan au poivre, cebo de campo ibérique, bourguignon persillé, vosgien fumé au foin… En sandwich ou à la coupe à emporter. Mon choix s’est porté sur du cochon noir de Bigorre (le Roll’s Royce des jambons à 200 euros le kilo). Je l’ai fait flirter avec un fromage de brebis basque, un ossau iraty, étonnamment fondant. Le choix a été cornélien à la vue du saint nectaire et de la fourme d’ambert. Dans une semi-baguette tradi tartinée de beurre, cochon et brebis ont fait bon ménage et mon palais fut un témoin ravi. Un mariage heureux à 17 € le casse-croûte, mais une expérience trop courte ! Pour le prix, la cérémonie aurait pu s’éterniser. Par Ophélie Francq.

Caractère de cochon – 42, rue Charlot, 75003 Paris – 01 42 74 79 45 – Site internet – Sandwichs à partir de 7,90 € 

Le sandwich au jambon de Bigorre de Caractère de cochon

Le sandwich italien de Mmmozza… ! (1 min à pied)

Mmmozza… ! est une épicerie italienne. De celles dans lesquelles on entre pour deux tranches de mortadelle et que l’on quitte le sac plein à craquer : une burrata bien dodue, des raviolis tout frais, des noisettes du Piémont, une limonade à la rhubarbe pour la soif et un panettone pour la route… Mais le danger, le vrai, c’est le sandwich préparé minute et la tentation – irrésistible par grand soleil – de lui faire sa fête dans le square d’à côté. Celui que j’engloutis depuis les quelques centimètres de banc que j’ai réussi à investir, est généreusement garni de scamorza (un fromage à pâte filée originaire du sud de l’Italie), de jambon blanc à la truffe (à ma demande) et de roquette pour la fraîcheur (10 €). Dans celui de mon voisin, du jambon San Daniele très finement coupé, une mozza crémeuse comme de la stracciatella et une paire d’aubergines confites qu’il décide de rajouter (12 €). Pain ciabatta ou baguette, chaud, froid, basique ou archi-garni : vous décidez ici. Pour l’émotion en revanche, pas le choix : elle sera là. Par Elisa Nguyen Phung.

Mmmozza…! – 57, rue de Bretagne, 75003 Paris – Instagram – Sandwichs à partir de 6 €

Le sandwich à la scamorza et charcuterie de Mmmozza… !

Jardin des Archives nationales (3e arr.)

Le sandwich au porc Tonkatsu de Carré Pain de mie (4 min à pied)

Au 5, de la rue rambuteau, en plein Marais, une armée de pains de mie se charge de l’accueil. Prêts à être tranchés ou vendus tels quels, certains seront aussi tartinés sur place de beurre et de sucre, de confiture de lait ou encore de crème de matcha. D’autres serviront de fondation aux croque-madame et croque-monsieur à dévorer sur place. Le mien a fait un tour dans le toasteur avant de prendre en sandwich un beau porc fermier pané et du chou blanc émincé, à la manière d’un tonkatsu. Je m’arme de patience avant de pouvoir y goûter : ici, le pain est un métal précieux, le cuisinier, un orfèvre, le sandwich… 20 minutes d’attente. Parce que prédécoupé, le sando est facile à manger. À la dégustation, le pain moelleux, le chou croquant, le porc croustillant, la sauce sucrée : tout explique sinon justifie le prix – qui flambe, il faut le dire (le sando Tonkatsu coûte 18 €). Par Elisa Nguyen Phung.

Carré Pain de mie – 5, rue Rambuteau, 75004 Paris – Site Internet – Sandwichs à partir de 8 €

Le sandwich au porc Tonkatsu de Carré Pain de Mie

Place des Vosges (4e arr.)

Le Torikatsu sandwich de Sando Club (10 min à pied)

Sando propose cinq ou six sandwichs selon les jours. C’est au best-seller que j’ai succombé, le Torikatsu. Outre d’appétissantes strates révélées par sa découpe, le charme de ce sandwich d’inspiration japonaise tient en deux irrésistibles sensations : le moelleux d’un pain brioché qui aurait croisé un pain au lait et le croustillant d’une escalope de poulet frit. Cette douceur est assurée par du pain de mie japonais, l’Hokkaido milk bread, fait maison. Toasté et gonflé, il se révèle suffisamment aérien pour s’effacer et permettre de ne faire qu’une bouchée de l’épaisse garniture : le poulet habillé d’une craquante panure panko, la fraîcheur étant assurée par un tapis de crudités (carottes et chou rouge râpés, pickles) liées par une mayonnaise légère et une sauce bulldog acidulée et épicée. Un bon équilibre. Une gourmandise qui nous fait venir à bout sans peine de ce repas complet. Par Elodie Fournier.

Sando Club – 1-3, passage Thiéré, 75011 Paris – Instagram – Sandwich 10 €, Menu de midi sando + frites 12 € (+ soda 14 €)

Le Torikatsu sandwich de Sando Club

Jardin des Rosiers (4e arr.)

Le classic et le yiddish au pastrami de Sacha Finkelsztajn La Boutique jaune (2 min à pied)

Un rayon de soleil, la conviction que les cornichons malossol aigre-doux mêlés au pastrami soignent de tout, toute excuse est valable pour pousser la porte de la Boutique jaune, dans le Marais, l’une des plus réputées boulangerie-traiteur de cuisine ashkénaze de Paris. Durant les fêtes de Pessah (la Pâques juive), l’habituel bägel aux oignons ou aux graines de pavot qui compose le sandwich Classic est remplacé par un matse brodjes (petits pains à la farine de matsa, non levés). Le reste suit le protocole habituel : caviar de poivron ou d’aubergine, pastrami de bœuf, tomates, concombres, cornichons malossol pour le classic ; tandis que pour la version yiddish, on pioche – difficilement pour les indécis, d’autant qu’on risque fort de vous faire goûter – parmi une association d’ingrédients (fromage albanais et caviar d’olives noires, thon vénitien et caviar d’olives vertes ou tarama et cornichons…). Heureuse d’avoir découvert la saveur biscuitée du matse brodjes, j’avoue lui préférer celle du bägel. Un voyage à portée de crocs et une médecine porteuse d’un sentiment de félicité qui marche à tous les coups (et si les symptômes persistent, complétez par une part de vatroushka ou un strudel). Par Elodie Fournier.

Sacha Finkelsztajn, La Boutique jaune – 27, rue des Rosiers, 75004 Paris – Site Internet – 9,70 € le yiddish et 10,90 € le classic

Le Classic de chez Sacha Finkelsztajn – La Boutique jaune

Jardin des plantes (5e arr.)

Le chawarma aubergine et chou-fleur du Vieux Cèdre (11 min à pied)

Dès le déballage du chawarma végétarien, on sait. À peine ses effluves ont-ils frôlé nos narines qu’il n’y a plus de doute : ce sandwich s’annonce anthologique. La dégustation le confirme. Gras et gourmand, il tord le cou à l’amalgame entre végétarisme et ennui mortel. Mortel ? Il l’est, grâce à seulement deux ingrédients. Les aubergines extra-confites se confondent avec un chou-fleur rôti aux épices, auquel pas un seul détracteur de cette crucifère mal-aimée ne saurait résister. Impossible de dire lequel est le plus gourmand de ces deux légumes parfaitement cuits, d’autant que la crème d’ail et tahini (purée de sésame) – ultra-onctueuse elle aussi – brouille les pistes. Tout finit par fondre délicieusement en bouche. Sauf la galette libanaise juste toastée et bien roulée. Un sans-faute même pas lourd à digérer. Par Elisa Nguyen Phung.

Au Vieux Cèdre – 21, rue Saint-Jacques, 75005 Paris – 01 46 33 66 59 – Sandwich 4,90 €

Aubergines confites et chou-fleur dans le chawarma du Vieux Cèdre

Le sandwich d’India Streat (5 min à pied)

La pancarte « Sandwichs » de ce restaurant indien attire le chaland. Si deux clientes saucent avec délectation leur plat avec un pain paratha (ndlr,pain plat indien) ou un naan, c’est un sandwich végétarien qui va combler notre faim. Le maître des lieux – ravi de nous faire goûter ses spécialités à emporter – s’empresse de passer commande à la cuisine. Une galette nous est tendue accompagnée de recommandations précieuses « Tenez le bien droit, car la sauce va couler et mangez-le tout de suite. » Cette sauce au garam massala (ndlr, mélange d’épices torréfiées : cardamome, cannelle, cumin, girofle, gingembre, coriandre, piment, poivre, muscade…) coulera pourtant inévitablement sur nos vêtements. Un mal vite oublié car cette garniture savoureuse (chutney, légumes rôtis, lentilles blondes et crudités) donne l’impression qu’un plat entier s’est glissé dans ce casse-dalle. Par Manon Aïn-Establet.

India Streat – 105, rue Monge, 75005 Paris – 09 86 07 06 91 – Site internet – Sandwich 6 €

Le plat indien d’India Streat dans une galette

Le bánh mì végétarien de Monts et rizières (8 min à pied)

« Tu vas voir, c’est incroyable ici », murmure derrière moi un jeune homme à son amie. Elle finit par se greffer à la file d’habitués pour goûter au fameux sandwich vietnamien dont il lui a rebattu les oreilles. J’attrape le mien depuis le pas de la porte – on n’entre pas ici – et m’en vais l’engloutir à l’ombre d’un grand arbre du jardin des Plantes, entre le zoo et la Grande Galerie de l’Évolution. A la première bouchée, l’engouement du garçon prend sens : les navets marinés, les carottes finement râpées, les nouilles de riz et le tofu parfumé sont parfaits. Surtout, plus la dégustation avance, plus la garniture se répand sur la mie de la demi-baguette qui la renferme, sans jamais en ramollir la croûte. Une prouesse qui sans doute aura aussi convaincu l’autre débutante du jour. Par Elisa Nguyen Phung.

Monts et rizières – 105, rue Monge, 75005 Paris – 07 83 92 22 48 – Site internet – Sandwich 5,50 €

Le bánh mì végétarien de Monts et rizières

Jardin du Luxembourg (6e arr.)

Le sando tamago de Benchy (10 min à pied)

Rue du Cherche-Midi, ne cherchez plus. Nul doute que vous trouverez un sando (ndlr, sandwich japonais) à votre goût. J’opte pour le végétarien aux œufs : le tamago sando. Entre deux tranches de pain de mie ultra-moelleux (appelé shokupan), des œufs brouillés et mollets, de la mayo et une pâte au yuzu qui relève le tout. Un sandwich douillet et addictif, comme un câlin pour le palais. Après le bar à ramen Sanjo, Kaito Hori – le détenteur des lieux – a eu raison de se lancer dans le casse-dalle nippon. Les instagrameurs culinaires n’ont pas loupé la version sucrée de son sando renfermant crème et fruits, n’attendant que d’être shooté (on n’a pas goûté, à vous de nous dire ce que vous en pensez). Ce sandwich japonais – ayant débarqué sur la scène street-food française il y a deux ans – n’est pas près de se faire oublier des foodistas. Par Manon Aïn-Establet.

Benchy – 50, rue du Cherche-Midi, 75006 Paris – Instagram – 9 € le sando

Le sando aux œufs de Benchy

Le toasté veggie de Lebon L’Authentique Casse-croûte (5 min à pied)

Le sandwich végétarien servi chez Lebon est un plat doudou. Un allié face aux midis gris. De ceux qui – comme les coquillettes au jambon et la saucisse purée – savent calmer nos peines. Lui s’y emploie avec peu d’ingrédients : une baguette charnue juste toastée, du cantal filant inséré directement dans la mie, des légumes confits grassouillets qui rappellent ceux de chez mamie, et pile ce qu’il faut de moutarde au miel et de compotée d’oignon pour basculer dans le sucré-salé. Croyez-moi : une fois ce casse-croûte antidépresseur englouti, le ciel n’est plus si gris. Par Elisa Nguyen Phung.

Lebon L’Authentique Casse-croûte – 91, rue de Rennes, 75006 Paris – 01 43 21 67 47 – Facebook – 8 € le sandwich

Le sandwich au cantal filant de Lebon L’Authentique Casse-croûte

Champ de mars (7e arr.)

Le « Maïstro » de Panade

Dans un pain au maïs bio rondouillard, Merouan Bounekraf (saison 10 de Top Chef) a glissé des pleurotes travaillés comme du kebab, quelques cubes de tofu fumé, des échalotes confites, de la mimolette, du fromage frais à l’ail et deux ou trois feuilles de salade iceberg. Un bordel parfaitement organisé ; la dégustation du « Maïstro » se fait sans la moindre fausse note tant chaque ingrédient excelle dans sa partition. Surtout les champignons qui, cuisinés ainsi, n’ont rien à envier aux plus tendres des viandes embrochées. À moins de n’avoir rien prévu pour les trois jours qui suivent, mieux vaut déguster ce casse-croûte herculéen à deux. Par Elisa Nguyen Phung.

Panade 35, rue Violet, 75015 Paris – 01 42 65 73 02 – Instagram – 9,90 € le sandwich

Le sandwich végétarien de la boulangerie Panade

Square d’Estienne d’Orves (9e arr.)

Le sandwich Egg N’cheese et le Ultimate Pastra de Kern (4 min à pied)

À la carte de cette nouvelle adresse multi-influences du quartier Notre-Dame-de-Lorette, il y a du choix : un sandwich au pastrami d’origine juive-ashkénaze, un Egg N’cheese 100% ricain, un fricassé tunisien, trois autres modèles et autant de bowls. On opte pour les deux premiers et sans manquer une miette de la préparation : potato bun et roll bread toastés, omelette brouillée et cheddar fondu… tout ça sous nos yeux ébahis. À 4 minutes de là, sous le clocher de la Sainte-Trinité, on déballe religieusement nos sandwichs et on s’en donne à cœur joie : un Ultimate Pastra étonnamment rafraîchissant avec iceberg, câpres, pickles, coleslaw, cébettes, oignons frits, mayo et moutarde au miel, – loin de la recette typique de deli qui sévit à Paris (pastrami, moutarde anglaise, pain de seigle) –  et un Egg N’cheese comme un nuage avec l’omelette brouillée et le cheddar fondu dont on parlait plus tôt, salade iceberg et câpres encore, cébettes et oignons frits toujours, pickles et mayo harissa en sus. Un brunch 2.0 aussi régressif que surprenant, encore meilleur sous le soleil. Par Elisa Nguyen Phung.

Kern – 35, rue de Châteaudun, 75009 Paris – Instagram – Sandwichs à partir de 7 €

L’Egg N’cheese de Kern
L’Ultimate Pastra de Kern

Jardin Villemin (10e arr.)

Le sandwich aux falafels du Daily Syrien (10 min à pied)

De l’accueil tout sourire, des odeurs qui envahissent la rue du faubourg Saint-Denis ou des énormes assiettes levantines dressées devant tous les clients, je ne sais pas ce qui me pousse à me greffer à la file d’habitués accoudés au comptoir, les yeux rivés sur le menu, en quête de la parfaite formule à emporter. Dans la mienne, une galette syrienne juste toastée garnie de falafels croustillantissimes, d’un houmous crémeux, d’aubergines confites, de l’indispensable combo salade-tomates (pour ce sandwich, au diable les saisons) et du plus surprenant navets-chou-fleur-pommes de terre. À côté, j’opte pour la moussaka (végane ici et à tomber par terre : aubergines au four, tomates, pois-chiches, huile d’olive) avec l’idée bien arrêtée d’y dipper mon sandwich. Je cours déguster ça dans le jardin Villemin, que je quitte une heure plus tard avec le souvenir ému d’un repas complet à moins de 12 euros. Par Elisa Nguyen Phung.

Daily Syrien – 55, rue du faubourg Saint-Denis, 75010 Paris – Instagram – Sandwichs à partir de 6 €

Le sandwich au falafels du Daily Syrien

Jardin de Reuilly (12e arr.)

Le sandwich au jambon, caviar d’aubergine et mozza de LBT La bonne tradition (7 min à pied)

La devanture « Triperie » de l’ancien commerce annonce la couleur. Ici on va droit au goût. Un bon casse-dalle à prix très honnête, ça ne court pas les rues de Paris. Pas bégueule, il mise sur des produits simples et bien choisis dans le voisinage. Quatre recettes dont deux renouvelées au fil des jours et une proposition végétarienne. Pour être tout à fait honnête,  celui aux rillettes à la sicilienne et pickles ou l’autre au poulet, ail, moutarde, soja et légumes grillés me faisaient de l’œil. Mais à cette heure tardive, les habitués ont dévalisé le comptoir. J’ai donc testé le craquant de la baguette Label rouge de la Badine de Martine (qui ne désemplit pas, rue Crozatier), tapissée de caviar d’aubergine, d’une généreuse tranche de jambon et pas avare de fondante mozza. La simplicité s’avère parfois d’une sophistication inattendue. Et force est de reconnaître que ces ingrédients semblent s’être trouvés pour mêler leurs textures et saveurs dans ce but. Mention spéciale à la minibaguette, très croustillante avec un peu de mie ferme et aérée. Elle offre une belle place à la garniture et fait oublier tous les malheureux « sandwichs au pain » qui ont pu émailler nos trajets en train. Avant de monter dans le vôtre, notez que LBT a aussi une adresse face à la gare de Lyon ! Par Elodie Fournier.

La bonne tradition – 2, rue Erard ou 32 rue de Lyon, 75012 Paris – Site Internet – Sandwich 7 €, Menu de midi sandwich + dessert 9,50 € (+ boisson 10,50 € + salade ou soupe 12,50 €)

Le sandwich au jambon, caviar d’aubergine et mozza de LBT La bonne tradition

Jardin Joan Miró (13e arr.)

Le sandwich poulet-carotte de Tenderness

Derrière son comptoir en verre vitré – occupé par des plats de salades variées tel qu’un taboulé ou une salade de pâtes à la feta – Emilie Suzanne s’active pour préparer de fameux sandwichs minute. Absorbée par les gestes sûrs de la maîtresse des lieux, j’en oublie de commander le sandwich poulet-carotte dans lequel mayonnaise à l’estragon et cornichons sont de bon augure (à noter qu’il est possible de composer son sandwich en toute liberté). En cette chaude journée d’été, rien n’était plus tentant que la compagnie de crudités associées à du poulet froid et une mayo allègrement tartinée (elle aussi montée minute devant mes yeux) dans une bonne baguette tradition croustillante. Dans le 13e arrondissement, il n’y a donc pas que des bánh mì pour casser la croûte le midi. Par Manon Aïn-Establet

Tenderness – 4, rue Charles Moureu, 75013 Paris – 06 03 87 88 54 – Instagram – Sandwich 8 €

Le sandwich poulet, crudités et mayonnaise à l’estragon de Tenderness

Jardin Atlantique (14e arr.)

Le bánh mì de Opla (10 min à pied)

Dans sa mini-cantine, Jenny To dépote des sandwichs franco-vietnamiens de haute volée. En attendant quelques minutes que le bánh mì soit prêt, on reluque avec envie les bouchées au poulet ou à la morue dans la vitrine du comptoir. Si vous parvenez à ne pas vous laisser tenter, vous avez un mental d’acier. Après avoir englouti deux, trois ou quatre bouchées, l’objet de nos préoccupations est prêt à être embarqué. A la première bouchée, on sait que ce bánh mì offre exactement ce qu’on attend de lui : le croustillant de sa bonne baguette tradition Les frères Blavette, la saveur de sa poitrine de porc laquée, le piquant de sa mayonnaise au piment et le croquant de ses crudités. Le bánh mì de nos rêves est donc ici. Par Manon Aïn-Establet.

Opla – 59, rue Daguerre, 75014 Paris – 01 43 25 29 40 – Instagram – Bánh mì 5,50-6,50 €, plats 9,50 à 13,50 €.

Le bánh mì à la poitrine de porc laqué de Opla

Parc Clichy-Batignolles (17e arr.)

Le sandwich au poulet rôti de Garni (10 min à pied)

Devant la carte des sandwichs de Garni, j’ai longuement hésité. Mais je reviens toujours. Réalisé sous mes yeux, ce sandwich, sans doute mon préféré, met en appétit. La garniture évoque les lendemains de poulet rôti en famille, lorsqu’on se réjouit qu’il en reste encore un peu pour en faire un sandwich. Celui-ci est de haute volée. Le poulet à la cuisson parfaite est enveloppé d’une mayonnaise aux herbes et placé dans une baguette, croustillante à souhait. Les pommes de terre en vinaigrette mêlées à la bonne dose de câpres, de cornichons, de pickles d’oignons rouges achèvent de me convaincre. Si vous n’avez jamais été subjugué par un sandwich au poulet rôti, il est encore temps. Par Manon Aïn-Establet.

Garni – 35, rue la Condamine, 75017 Paris – 01 42 66 06 38 – Site internet – Sandwich 9,50 € 

Le sandwich au poulet rôti de Garni

Le gua bao de Yansaï (7 min à pied)

Dans le quartier des Batignolles, cette adresse de street food asiatique dépote. Après avoir goûté leur excellent poulet karaage, il me tardait de revenir pour leur gua bao. Difficile de se limiter à un seul de ces pains briochés vapeur, originaire de Chine, de la taille de la paume d’une main. Deux, trois ou quatre…Ils se mangent sans faim. J’évite le choix cornélien en penchant pour le végétarien et celui au poisson. Les champignons parfumés pour l’un, le cabillaud façon fish and chips pour l’autre et pour les deux, l’impression de croquer dans un petit coussin douillet d’où s’échappe une généreuse mayonnaise. Avec ses crudités finement tranchées, on n’en fait qu’une bouchée. Par Manon Aïn-Establet.

Yansai – 47, rue des Moines, 75017 Paris – 01 46 27 73 86 – Site internet – Gua bao 6 € 

Les gua baos de Yansaï

Parc Monceau (17e arr.)

Le bun à l’agneau d’Interfabric (10 min à pied)

InterFabric est de ces petits restaurants de quartier où le menu change chaque jour : deux entrées, deux plats, deux desserts et surtout… deux buns ! À la première bouchée, l’impression de déguster un véritable plat dans un pain bien toasté, complet et au levain, moelleux à souhait. L’agneau du Perche, presque effiloché, fond dans la bouche et se marie avec du tahini (crème de sésame) et de la mayonnaise. Quelques pickles apportent l’acidité, le chou rouge croque sous la dent… L’emmental fondu achève de le rendre irrésistible et oblige à se lécher les doigts pour ne pas en perdre une bouchée. Un immense coup de cœur. Par Ophélie Francq.

Interfabric – 44, rue Legendre, 75017 Paris – 06 95 96 85 61 – Instagram – Bun 11 € 

Le bun à l’agneau d’Interfabric

Parc de Belleville (20e arr.)

Le pita au poulet frit de Parsley (10 min à pied)

Chez Parsley, on commande à emporter par une petite fenêtre donnant sur les cuisines. Aux beaux jours, une terrasse prend place devant l’échoppe, parfois ensoleillée. En attendant, je me dirige sur les hauteurs du parc de Belleville pour savourer chaque bouchée, pressée de déballer l’objet de ma venue. Derrière ce sandwich potelé, il y a des préparations variées, du cru, du grillé, du frit qui le rendent sexy à souhait. A chaque croc dans le pain pide (pain turc plat et rond), des textures et des saveurs entremêlées. Le poulet frit crousti-moelleux, la fraîcheur de la sucrine et des herbes, le fondant des carottes, la sucrosité et l’acidité des oignons rouges au sumac. Le tout, enrobé par une onctueuse sauce tahini-persil, pour laquelle j’ai opté après une longue hésitation entre la sauce blanche au citron confit et la sauce barbecue levantine. Si la garniture débordante s’est fait la malle sur mon pantalon et le sol, régalant les pigeons autant que moi, je suis comblée par ce sandwich bigarré. Par Manon Aïn-Establet.

Parsley – 47, rue des Trois Bornes, 75011 Paris – 01 71 24 47 28  – Site internet – Sandwich 9 €, Menu de midi sandwich + frites 11 € (+ boisson 12 €)

Le pita au poulet fris de Parsley

Le Spécial de Favori (10 min à pied du parc de Belleville ou du square Gardette)

Si ce n’était par la devanture façon cuisine rétro, l’adresse est repérable à sa file d’attente de fidèles qui savent qu’il vaut mieux se pointer avant 12h30 pour se faire empaqueter fissa son sandwich dodu. Sept recettes sont proposées, dont un sandwich du jour et un autre végétarien. On mord dans un Spécial : son bun à la croûte dorée de chez Mamiche résiste ce qu’il faut. Smashé (pressé), aux notes beurrées, il s’est imbibé de moelleux œufs brouillés à la ciboulette, surmontés d’une vraie tranche de cheddar qui tient la route et enferme une part généreuse de jambon à l’os. Rondeur des saveurs et texture rassurante d’un jambon cuit lentement assurent un plaisir régressif. Pour pinailler, on aurait aimé un peu plus de pep suggéré par les pickles trop discrets et certains appétits accompagnateurs ont regretté d’en avoir encore sous la pédale après avoir avalé cette gourmandise – à quand même 9 €. Par Elodie Fournier.

Le Favori – 112, Rue Saint-Maur, 75011 Paris – Instagram – Sandwichs à partir de 5 €

Le Spécial de chez Le Favori

Le bánh mì de Saïgon Sandwich (10 min du parc de Belleville ou des Buttes Chaumont)

A l’orée de Belleville, où les palais s’accommodent peu d’approximations en matière d’authentique cuisine asiatique, la Saïgon sandwich a toujours la côte. Le bánh mì est décliné en huit garnitures, en version normale (une demi-baguette) ou méga (deux demi-baguettes pour les gros appétits). On commande la version traditionnelle de ce sandwich vietnamien, le « Spécial maison » : une baguette à la croûte claire et peu de mie, tapissée de mayo et garnie de porc grillé, de pâté de porc vietnamien, de concombre, dans un vaste tourbillon de carottes vinaigrées parsemées de coriandre. Equilibré, frais et parfumé, il s’avère très léger et le parfait compromis entre une salade et un sandwich que suggère cette journée printanière. On aurait finalement pu prendre un méga… Mais comme on pousse l’investigation à fond, on a goûté le poulet citronnelle, au croustillant efficace, auquel on préfère la version au bœuf saté, dont l’association a la cacahuète compte parmi les succès de la maison. Ne vous laissez par effrayer par les nombreux clients qui commandent ce déj copieux à tout petit prix, le service est fluide. Par Elodie Fournier.

Saïgon Sandwich – 8, rue de la présentation, 75011 Paris – Sandwichs à partir de 3,90 €

Le bánh mì de chez Saïgon Sandwich