Nos plats préférés

Nos plats préférés en décembre 2021

6 décembre 2021
Pizza argentine de Paris Boca
L'une des pizzas argentines du restaurant Paris Boca, ici avec fromage argentin et oignons fondants - Photo ©Géraldine Martens pour Z

Notre rédacteur en chef et critique gastronomique écume chaque jour ou presque les restaurants à Paris, nouveaux comme plus anciens. Et voilà ses plats préférés (on n’aime pas le mot « meilleurs »).

Les pizzas argentines de chez Paris Boca (voir photo de couverture)

Culpabilité totalement assumée : on a commandé, et apprécié, des tomates hors saison. Des rondelles de tomates fraîches plus exactement, coupées très fines et qui apportent une touche de fraîcheur et d’acidité à cette folie de pizza argentine. Pizza argentine ? Oui, vous avez bien lu. C’est un genre particulier, encore méconnu en France, dont sont très fiers les habitants de Buenos Aires à tel point que selon le patron de Paris Boca, ils déclarent que leur pizza nationale est meilleure que l’originale italienne. La rédaction de Z n’arbitrera pas ici mais ce qui est certain, c’est que la version argentine est diabolique. Plus qu’une pizza, on dirait une tarte noyée sous du fromage filant onctueux (muzza argentina, fabriquée en Argentine). Il y a beaucoup de gras bien sûr mais les tomates et la persillade viendront contrebalancer (un peu) tout ça. On pourra également choisir, pour éviter la tomate d’hiver, la pizza argentine vêtue sur le dessus de nombreux oignons fondants. En bref, un énorme coup de coeur pour cette pizzeria qui revoie tout droit en enfance (même passée loin de l’Amérique du Sud). 11 € (format solo). Note d’addictivité : 10/10.

Paris Boca – 32, rue Pierre Fontaine 75009 Paris – 01 83 92 59 91 Site Internet

La « Milanaise » de chez Marinette (Nice)

©Ezéchiel Zérah

Les concierges de grands hôtels niçois comme les journalistes branchés recommandent vivement cette adresse, on a donc suivi leurs conseils. Banco car l’escalope de veau panée qui fait la réputation des lieux tient son rang : c’est le plat réconfortant par nature, celui dont on rêve le dimanche soir (mais le dimanche matin, ça marche aussi pour un brunch comme c’était mon cas). Les quartiers de citron acidifient un peu cette belle pièce et la purée maison et le bol de salade bien assaisonnée viennent jouer les beaux seconds rôles. 19 € à la carte. Note d’addictivité : 8/10.

Marinette – 13, rue Colonna d’Istria, 06300 Nice – 04 93 88 29 52 – Site Internet

Les côtelettes d’agneau et purée d’oignon blanc de chez Amagat (Paris)

Pardonnez-moi d’avance : je n’ai pas pris de belle photo de ce plat, la mission iPhone n’étant pas la priorité à ce moment-là. Car ces trois petites côtelettes qui se mangent à la main une fois passées dans la purée d’oignon blanc sont des petits bonheurs de viande, de gras (mais pas trop), de crème et de piquant. Le reste de la carte de ce restaurant espagnol moderne qui attire tous les foodies pointus est du même acabit, des croquettes au jambon ibérique aux gambas cuites au barbecue en passant par l’exceptionnel flan catalan à la vanille. Autant le dire : cette table toute fraîche est l’une des meilleures de l’année. 21 € à la carte. Note d’addictivité : 9/10.

Amagat – 23, villa Riberolle, 75020 Paris – 06 09 31 61 62 – Site Internet

Réserver

Le crabe, mayonnaise, pomme et curry du restaurant Don Juan II (Paris)  

©EZ

Attention, dinguerie en vue. Oui, c’est cher (ce dont je vais vous parler est compris dans le menu à 220 €) mais ce petit plat préparé par le Meilleur Ouvrier de France Frédéric Anton (par ailleurs auréolé de trois étoiles Michelin pour son restaurant parisien Le Pré Catelan) est une sorte d’encas gastronomique idéal, celui que l’on pourrait avaler à longueur de journée. Il s’agit d’une petite boîte de caviar de 35 grammes qui renferme un émietté de crabe enroulé dans une mayonnaise au curry. Dessus, le nuage vaporeux à la pomme apporte un peu d’acidité tandis que la note de curry reste en bouche (sans oublier les flocons de caviar, plus discrets, qui noircissent notre nuage et amènent une pointe de salinité). Note d’addictivité : 10/10.

Don Juan II – Port Debilly, face à la tour Eiffel côté rive droite. – 01 83 77 44 40 – Site Internet (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation)

Les pâtes au pigeon et aux chanterelles de chez Epiro (Nice)

©EZ

Voilà une pépite que les gourmands niçois se refilent sous le manteau. Le lieu n’est pas installé dans le centre-ville historique, la déco est étrange et les chaises ne sont pas les plus confortables que l’on connaisse mais peu importe : la cuisine et l’accueil méritent (largement) qu’on s’y rende. Côté cuisine d’abord, des fettuccine coupées à la main qui criaient l’automne avec leurs noeuds retenant un ragoût de pigeon au vin rouge et génévrirer et des chanterelles (vous pouvez commander toute la carte salée les yeux fermés, y compris la langue de boeuf qui ravira même les anti). En ce qui concerne le service en salle, il est comme il devrait être partout : plus que bienveillant, pas pressé et toujours de bon conseil sur les vins au verre qui sont des petits voyages à eux seuls. Note d’addictivité : 9/10.

Epiro – 53, boulevard Stalingrad 06300 Nice – 04 83 39 51 89 – Page Facebook

Les gambas sauce wasabi du restaurant Tsé Yang (Paris)

©Diane Bismuth

Les gambas au wasabi de Tse Yang font partie des plats dont on se souvient. Pas uniquement parce qu’on attend la montée nasale de wasabi après chaque bouchée comme le prochain looping d’une attraction mais surtout grâce à la finesse de cette pâte à beignet, presque moelleuse, entourant les énormes crevettes bien charnues. Pour parfaire l’addictivité de cette copieuse entrée, des grains de riz soufflés viennent se coller à la sauce hautement relevée. Prix : 34 €. Note d’addictivité : 7/10. Par Diane Bismuth, journaliste Z.

Tse Yang – 25, avenue Pierre 1er de Serbie 75116 Paris – 01 42 20 70 22 – Site Internet (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation)

Le homard au cacao et piments mexicains du Coquillage à Saint-Médoir-des-Ondes (Île-et-Vilaine)

©EZ

« Un classique de la maison », annonce le serveur, manière de signifier que si le chef est Hugo Roellinger – deux étoiles Michelin au compteur et élu récemment « Cuisinier de l’année » 2022 par le guide Gault & Millau – la recette est du paternel. En l’occurence d’Olivier Roellinger, monstre sacré de la gastronomie bretonne (en 2006, le guide Michelin lui décernait le Graal). Mais revenons à ce plat : c’est peut être la meilleure cuisson de homard jamais goûtée. Un goût de grillé unique, et puis cette sauce intense au cacao et aux piments mexicains adoucie par l’amertume d’une feuille de chou… Un très grande et belle construction de plat. Plat en supplément (29 €) du menu à 98 €. Note d’addictivité : 10/10

Le Coquillage – Maisons de Bricourt Le Buot – 35350 Saint-Méloir-des-Ondes (Île-et-Vilaine) – 02 99 89 25 25 – Site Internet

Ravioles de sanglier, jus de daube de sanglier et pamplemousse chez Davia (Nice)

©EZ

Ce restaurant de poche est aussi animé qu’un bouchon lyonnais. Sauf qu’ici, on sert des spécialités niçoises réputées bien au-delà de la ville : ratatouille croquante, barbajuans (sorte de petits coussins croustillants aux blettes), pâtes au pistou… Et puis ce plat d’initiés que l’on avait repéré sur la carte, on veut parler de ces trois gros raviolis posés sur un jus corsé de daube de sanglier mêlé à de l’orange avec cette acidité bienvenue qui casse l’intensité de ce liquide corsé. Dessus, un petit pamplemousse confit vient compléter ce coup de coeur qui est peut-être le plus gros de cette liste… Si on était inspecteur du guide Michelin, on aurait même mis un astre à cette assiette. 19 € à la carte. Note d’addictivité : 10/10.

Chez Davia – 11 bis, rue Grimaldi 06000 Nice – 04 93 87 91 39 – Site Internet

Les dim sum d’inspiration française du restaurant Lili (hôtel Peninsula Paris)

©DB

Ces trois bombes gustatives – des dim sum (petites bouchées cantonaises cuites à la vapeur dans des paniers de bambou) – reprennent les plats mijotés en sauce « à la française ». Garnies d’un artichaut barigoule crémeux, d’un extrait de bouillabaisse et d’un bœuf bourguignon au jus bien réduit, elles rappellent l’émotion d’un fond de casserole qu’on sauce avec du pain. Sauf qu’ici l’émoi vient avec des baguettes. 28 € à la carte. Note d’addictivité : 8,5/10. Par Diane Bismuth, journaliste Z.

Lili – 19, avenue Kléber 75116 Paris – 01 58 12 67 50 – Site Internet – (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation)

Le bun levain poireaux confits au miso et picota maison de chez Interfabric (Paris)

©EZ

C’est l’une des meilleures cantines modernes de Paris et la bonne nouvelle, c’est qu’elle sait également construire des sandwichs qui boxent dans la catégorie poids lourds (à consommer sur place ou à emporter). C’étais le cas du bun au levain que le gentil couple derrière cette adresse de quartier – qui attire les habitués comme des mouches – mélange à des poireaux confits au miso, de la ricotta, un oeuf, des pickles et de la Savora. Qui a dit que les sandwichs végétariens ne pouvaient pas être étincelants ? 10 €. Note d’addictivité : 8/10.

Interfabric – 44, rue Legendre, 75017 Paris – 06 95 96 85 61 – Page Instagram

Rédacteur en chef Z
Ezéchiel Zérah a dirigé par le passé les pages gastronomie de L'Express mais il est surtout fier d'avoir écumé les 52 camions pizza de Marseille. Quand il n'est pas en train de se demander ce qu'il mange dans les rues de l'Iran ou du Pakistan, ce fan de statistiques culinaires sillonne les grands restaurants de l'Hexagone (20 trois étoiles Michelin, 31 deux étoiles).