Nos plats préférés

Nos plats préférés en mai 2022

6 mai 2022
Les fraises au naturel, bouillon épicé, sablé breton, glace menthe-gingembre et pesto mentholé de Bien élevé (Paris). Photo Geraldine Martens pour Z.

Notre critique gastronomique Ezéchiel Zérah et son équipe écument chaque jour ou presque les restaurants, nouveaux comme plus anciens. Et voilà leurs plats préférés (on n’aime pas le mot « meilleurs »).

Les fraises au naturel, bouillon épicé, sablé breton, glace menthe-gingembre et pesto mentholé de Bien élevé (Paris)

« Pas très sucré », je reste friande de ces desserts portés sur le fruit, bien plus cuisinés que pâtissiers. Surtout après avoir partagé une magnifique côte de bœuf maturée et mon poids en pommes grenailles et frites à la graisse de bœuf. Place donc aux premières fraises de la saison, mûres quoique délicieusement acidulées, escortées de petits sablés bretons bien dorés, d’une quenelle de glace menthe-gingembre, d’un pesto mentholé lui aussi et d’un bouillon épicé froid versé minute sur l’ensemble, juste à temps pour que les biscuits s’en imprègnent. Verdict ? Comme une salade de fraises fraîches « toute bête » (pas moins exquise), le travail des épices, la rondeur du beurre et la fraîcheur de la menthe en plus. Note d’addictivité : 9/10. Par Elisa Nguyen Phung.

Bien Élevé 47, rue Richer, 75009 Paris 01 45 81 44 35 Site Internet 9 € à la carte.

Le vitrail de langoustine des Crayères (Reims)

« Hommage à Notre-Dame de Reims » du chef Philippe Mille – photo Ezéchiel Zérah

On sait que le Meilleur Ouvrier de France Philippe Mille souhaite ardemment obtenir une troisième étoile Michelin et s’il fallait désigner un plat qui tend vers cette récompense, ce serait sûrement son « Hommage à Notre-Dame de Reims », en réalité un vitrail de langoustines marinées au verjus et accompagnées de gaufrettes aux grains de caviar. Toute la mer s’invite dans la première séquence, mais le Graal reste ces gaufrettes très addictives au cœur coulant. Un monument de finesse et de gourmandise. Note d’addictivité : 8/10. Par Ezéchiel Zérah

Restaurant Le Parc (Domaine Les Crayères) – 64, boulevard Henry Vasnier 51100 Reims 03 26 24 90 00 Site internet (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation) 95 € à la carte, déjeuner à partir de 115 €

Le magret à l’anguille de Tutiac, Le Bistro Vignerons (Bordeaux)

Magret dans un jus d’anguille photo Ophélie Francq

Décidément, Bordeaux est un joli terrain de jeu. Sur une belle place pavée, je tombe par hasard, un soir, sur un bistrot à la formule alléchante. 35 euros le menu. Je fonce goûter leur magret de canard. Saignant au centre, cuit sur les extrémités et dont la peau dorée, presque noire, craque sous la dent. Une onctueuse mais légère purée de pommes de terre l’accompagne, fondue dans un jus de viande à l’anguille. L’entrée était à la hauteur du plat : des asperges vertes cuites à l’anglaise puis brulées au chalumeau, sur lesquelles sont déposées des dentelles de lard, à tremper dans une sauce à l’ail des ours. Le bon plan bordelais. Note d’addictivité : 8,5/10. Par Ophélie Francq.

Tutiac, Le Bistro Vignerons 10, place du Palais, 33 000 Bordeaux 05 57 88 22 42 Site internet

Les frites froides du Garde Manger Wagram (Paris)

Les frites du traiteur-restaurant Le Garde Manger – photo Ezéchiel Zérah

La rédaction de Z travaille à quelques mètres du traiteur-restaurant de la cheffe Laura Portelli, autant dire qu’on a goûté de nombreuses choses préparées par cette fée du « prêt à emporter » (mais pas que, puisqu’on peut également manger sur place si on arrive tôt). Dans ce Garde Manger sont vendues des frites absolument merveilleuses et pas communes que j’aime manger froides. Pas croustillantes du tout, tout le mérite revient à la chair, à la peau et ses herbes. Une poignée d’euros. Note d’addictivité : 10/10. Par Ezéchiel Zérah

Le Garde Manger Wagram – 8, rue Meissonier, 75017 Paris – 09 67 12 81 88 Site internet  Une poignée d’euros.

La cervelle de veau croustillante aux écrevisses, lentilles au jus et navets nouveaux des Lyonnais (Paris)

L’une des deux assiettes du plat – photo Wanda Schpoliansky

Que vous aimiez ou que vous détestiez les abats, il n’y a qu’une issue possible : commandez la cervelle de veau croustillante du restaurant Aux Lyonnais. La belle est timide, à peine visible, brune comme panée, chevauchée par deux écrevisses décortiquées, de longues tiges vertes grillées (des oignons nouveaux?) et de l’ail des ours. Une sauce brune épaisse entoure le tout. J’allais l’enfourcher quand la suite est arrivée, et là, surprise : une cassolette remplie de lentilles, une sauce mousseuse orangée, une écrevisse entière et deux quartiers de navets jaunes qui font penser à des oranges. La cervelle de veau est croustillante à l’extérieur et fondante à l’intérieur, ça me fait bizarrement penser aux poissons panés rassurants de mon enfance. Je ne m’attendais pas à découvrir dans les lentilles ce goût de bisque apporté par la sauce, un mélange que je ne connaissais pas et que j’aimerais déjà retrouver plus souvent. Note d’addictivité : 8/10. Par Wanda Schpoliansky

Aux Lyonnais – 32, rue Saint Marc, 75002 Paris – 01 42 96 65 04 – Site Internet – 32 € à la carte. (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation)

L’artichaut frit, crème de mozzarella, sauge frite et Castelfranco de Martin – boire et manger (Paris)

L’artichaut à la juive par Martin – boire et manger – photo Elisa Nguyen Phung

La liste de pét’ nat’ (ndlr, pétillant naturel) longue comme le bras, les petits plats à partager dressés dans des assiettes en grès, la ribambelle de « gens de la mode » attablés en terrasse… Rien ne semble distinguer Martin de ces caves à manger branchées qui, à Paris et ailleurs, « poussent comme des champignons », pour citer mon voisin. Et pourtant, Martin est un lieu à part. De ceux qui nous viennent immédiatement à l’esprit quand il s’agit de (bien) boire et de (bien) manger, de ceux que ledit voisin a du mal à quitter. En cause : d’abord, le naturel de Loïc Martin à la tête des lieux décrivez le vin de vos rêves en deux mots, il hochera vaguement la tête et vous apportera mieux que ça. Ensuite, l’exquise terrine de cochon maison, noisettes et pickles de radis jaune. Enfin et surtout, l’artichaut à la juive (frit la tête la première et ouvert comme une fleur), crème de mozza, sauge frite et chicorée rose de Castelfranco parfaitement assaisonnée. Une grande réussite. Seul regret : avoir dû partager… Note d’addictivité : 8/10. Par Elisa Nguyen Phung.

Martin – boire et manger 24, boulevard du Temple, 75011 Paris 01 43 57 82 37 Site Internet 11 € à l’ardoise.

La soupe satay sans boulette de Dong Huong (Paris)

La soupe au bœuf satay du restaurant vietnamien Dong Huong – photo Ezéchiel Zérah

Voilà une merveille que l’on regrette de ne pas avoir découverte plus tôt. Les fans de la cuisine vietnamienne à Paris connaissent sans doute Dong Huong, institution du quartier de Belleville à la carte kilométrique. Commandez des nems en entrée si vous le voulez mais surtout, surtout, n’oubliez pas de demander cette soupe au satay dans laquelle baignent de longues pâtes, ainsi que des lamelles de bœuf cru qu’il faudra mélanger au bouillon. Dans chacune de vos cuillerées, glissez un peu de sauce placée à votre droite et pressez un peu de citron vert pour l’acidité. Paris est une fête, merci à la personne qui m’a emmené déguster cette fabuleuse soupe. Note d’addictivité : 10/10. Par Ezéchiel Zérah

Dong Huong – 14, rue Louis Bonnet, 75011 Paris – 01 43 57 42 81 – Site internet – 11,50 € (soupe P7).

Le filet mignon de Vermillon (Paris)

Le filet mignon en bazar organisée de Vermillon photo Manon Aïn-Establet

Ce bistrot n’a de rouge que le vin nature coulant dans les verres. Vermillon, car situé non loin de Pigalle et de son moulin (rouge donc). Dans l’assiette, un joyeux bazar, mais des saveurs en bandes organisées. D’abord il y a ce filet mignon aux notes fumées (cuit au barbecue). Puis, une sauce chimichurri nourrissant chaque élément de l’assiette. Cette vinaigrette argentine est souvent un génie du goût. Beaucoup d’herbes, de l’ail, du piment, du vinaigre, du citron et de l’huile sont capables de faire des miracles. Le brocoli et le persil tubéreux y font trempette. Un joli tableau gourmand où le fenouil et le basilic jouent leur rôle, anisés et herbacés. Note d’addictivité : 8,5/10. Par Manon Aïn-Establet.

Vermillon – 5, rue de Calais, 75009 Paris – 01 42 41 49 68 – Facebook – 18 à la carte.

Premiers petits pois du pays varois étuvés, sèche et morillons français du Relais des Moines (Les Arcs-sur-Argens)

Les petits pois varois du Relais des Moines (premier service) – photo Elisa Nguyen Phung
Les morillons (deuxième service) – photo Elisa Nguyen Phung

Au Relais des Moines, comme les asperges vertes et l’ail des ours, les cosses de petits pois sont cueillies en terre varoise. Cela va sans dire pour Sébastien Sanjou. Il y a vingt ans, le chef originaire de la Nouvelle-Aquitaine a mis le cap sur l’est, sans pour autant quitter le Sud. Désormais, il est un inconditionnel du village médiéval des Arcs-sur-Argens, que surplombe la terrasse de son restaurant étoilé. Après un œuf mi-coque mi-brouillé, truite de l’arrière-pays fumée à se damner c’est un amuse-bouche signature que le chef fait évoluer au gré des saisons, comme un clin d’œil à l’habitude qu’avaient plusieurs rois français de commencer chaque repas par un œuf , il y eut cette entrée (fracassante) : d’abord des petits pois cuits vapeur, un dôme d’une crème à base de ces petits bonbons verts vifs, des petits morceaux de sèche, tout sauf caoutchouteux, et un jus bien brillant. Ensuite, à point nommé, trois morillons imbibés dudit jus. Note d’addictivité : 9/10. Par Elisa Nguyen Phung.

Le Relais des Moines – 77, route de sainte Roseline, 83460 les Arcs-sur-Argens – 04 94 47 40 93 – Site Internet – Menu du soir à partir de 88 € (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation).

L’arepa et les frites de manioc de Barepa (Paris)

La formule street food de Barepa photo Manon Aïn-Establet

De très loin, on croirait une formule burger-frites. Mais ce n’est autre que de la street food vénézuélienne. Leur arepa (ndlr : pain de maïs) est généreusement garni (attention ça déborde) de porc effiloché mariné. La texture fondante de cette viande me fait toujours de l’effet. La sauce pico de gallo (tomates, oignons, piment doux, coriandre, citron vert) donne un coup de boost à l’ensemble. Les frites de manioc, quant à elles, sont crousti-fondantes. Une fois qu’elles ont été plongé dans une crème à l’avocat onctueuse et citronnée, on ne peut plus s’arrêter d’en manger. Note d’addictivité : 8,5/10. Par Manon Aïn-Establet.

Barepa – 67, rue des Dames, 75017 Paris – 09 86 11 10 58 – Site internet – Menu déjeuner 14 €, Arepa 9,50 €.

Le trou normand à la poire de la Mirande (Avignon)

Le sorbet et l’eau de vie de poire noire – photo Ezéchiel Zérah

Le chef Florent Pietravalle – une étoile au guide Michelin – est de l’avis de certains l’un des futurs grands de la cuisine française créative. Il joue dans les assiettes avec les fermentations, les goûts puissants et les produits détournés de leur utilisation classique (une betterave en tartelette affinée comme une charcuterie). Mon plus grand souvenir est pourtant un « entre-plats », un trou normand même, que les équipes des lieux invitent à manger en cuisine. Il s’agit d’un sorbet de poire noire recouvert d’une macération d’eau-de-vie de poire noire. Note d’addictivité : 9/10. Par Ezéchiel Zérah

La Mirande 4, place de l’Amirande, 84000 Avignon 01 90 14 20 20 Site internet Déjeuner à partir de 90 € (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation).

Le saint-honoré, cœur tendre de caramel et vanille bio de l’Officine du Louvre (Paris)

Le saint-honoré de l’Officine du Louvre

Un délicieux traquenard à vrai dire. Chassés par la pluie, en quête de réconfort avec un simple thé à L’Officine du Louvre, nous avons été happés par ce saint-honoré qui paradait sur de nombreuses tables voisines. Une des pâtisseries préférées du chef pâtissier Julien Delhome, exécutée avec précision et sans fioriture. L’apparente simplicité de ce classique de la pâtisserie cache une technique, mais aussi une injonction à rougir de plaisir. Tout y est, le socle de base de pâte feuilletée craquante, les choux coiffés de craquelin garnis de crème chiboust légère et recouverts de crème chantilly dense et bien vanillée, pochée à la douille Saint-Honoré – comme il se doit. L’essentiel, sans le superflu, avec pour seule fantaisie un crémeux de caramel, pas ostentatoire, venu apporter encore plus de douceur au cœur du gâteau. Une vraie pâtisserie de bec sucré. Après ça, le ciel pouvait bien nous tomber sur la tête. Note d’addictivité : 7/10. Par Elodie Fournier.

Officine du Louvre – Hotel du Louvre – 1, place André Malraux, 75001 Paris – 01 44 58 37 89 – Site Internet – 12 € à la carte.

La perle de coco de chez Pho Bobun chez San (Paris)

La perle de coco verte de Pho Bobun chez San – photo Elisa Nguyen Phung

Décidément, quand on est bec sucré, rien ne sert de quitter la rue Richer (9e) : après les fraises au naturel de Bien Élevé, on se donne rendez-vous au numéro 10, chez Pho Bobun, un petit établissement viet-thaï sans la moindre esbroufe. Ce soir-là, on mise sur l’orgie de hors-d’œuvre : bánh cuốn (petites crêpes farcies de viande et champignons), raviolis frits aux crevettes, salade vietnamienne au bœuf… Ici, absolument tout ce qui traverse le minuscule passe-plats est fait maison. Jusqu’à la perle de coco. San, le patron dont le masque chirurgical peine à dissimuler le sourire permanent, nous met en garde : « Attention, ici, elle n’est pas comme d’habitude… » Qu’à cela ne tienne, nous en commandons trois. Quelques minutes après, arrivent de grosses boules vertes affaissées, nappées de crème de coco et recouvertes de sésame doré. Curieuse autant que craintive, je plonge ma cuillère dans le riz gluant verdi par les feuilles de pandan, jusqu’à atteindre un cœur de cacahuètes et de graines de sésame caramélisées. Résultat ? Je n’en mangerai plus ailleurs que chez San. Note d’addictivité : 9/10. Par Elisa Nguyen Phung.

Pho Bobun chez San – 10, rue Richer, 75009 Paris – 09 86 56 81 44 – Instagram – 3,80 € à la carte.

Le cake noisettes et chocolat de Monique et Myrtille (Paris)

Le cake sans gluten de Monique et Myrtille photo Manon Aïn-Establet

A peine entrée dans ce café-cantine, j’ai été attiré par ce cake sans gluten noisettes et chocolat au lait – je ne résiste pas à la saveur pralinée des noisettes torréfiées. L’assemblage de farines de riz, de maïs et de poudre de noisette rendent le gâteau moelleux à souhait. Un cake riche en beurre, comme je l’aime. A peine englouti, je pense déjà à ma prochaine visite. Je ne pourrais m’empêcher de reprendre ce petit gâteau, grandement addictif. Note d’addictivité : 9,5/10. Par Manon Aïn-Establet

Monique et Myrtille 83, rue Orfila, 75020 Paris – 09 72 35 94 85 – Instagram 3,50 € le cake.

Le frappé Ispahan du Café Pierre Hermé (Paris)

Frappé au macaron Ispahan de Pierre Hermé

Le pâtissier star Pierre Hermé est mondialement connu pour son Ispahan, gâteau inventé à la fin des années 1990 où deux coques de macarons à la rose renferment des framboises, du litchi et de la crème aux pétales de roses. L’intéressé a décliné de nombreuses fois son parfum fétiche et parmi les dérivés, on retrouve un « frappé » servi dans son café. Une prouesse que d’avoir l’impression de « boire » ce gâteau. 7 €. Note d’addictivité : 9/10. Par Ezéchiel Zérah

Café Pierre Hermé (au sein de Beaupassage) – 53-57, rue de Grenelle 75007 Paris 01 82 73 27 20 Site internet

Le dessert pomme, laitue de mer et persil de Fief (Paris)

Le dessert iodé et herbacé du chef Victor Mercier photo Manon Aïn-Establet

Assise au comptoir du chef Victor Mercier, j’observe le spectacle se jouant en cuisine. Tout en sachant qu’aucun produit n’a été choisi en dehors de la France hexagonale (même le café). Je ne peux que m’enthousiasmer d’être aux premières loges de cette cuisine engagée. Les plats défilent joyeusement. Un dessert crée l’étonnement. Saviez-vous que la pomme, la laitue de mer et le persil s’entendent merveilleusement ? Le sucre des pommes confites se mêle à l’iode des feuilles de laitue de mer cristallisées. Puis le sorbet au persil chlorophyllé leur donne un charmant coup de fouet. Un bouillon est déposé, mêlant ces trois saveurs. Les opposés s’attirent, ce dessert en est la preuve. Note d’addictivité : 8/10. Par Manon Aïn-Establet.

Fief Le Comptoir d’hôtes – 44, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris – 01 47 00 03 22 – Site internet (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation).

Les scones de Any’Teas (Bordeaux)

Les imposants scones du passage Sarget photo Ophélie Francq

Guidée par une orange pressée pour me rafraîchir, ce sont les scones en vitrine qui m’ont fait de l’œil. Impossible de résister. Imposants, gonflés, légèrement dorés… Ce sont bel et bien les meilleurs scones que j’ai goûtés. J’y dépose un peu de chantilly (classique), mais beaucoup de confiture de framboise, indéniablement faite maison. À la fin de ce goûter, reste un goût râpeux sur le palais, sa marque de fabrique. Juste à temps pour entendre les cloches sonner. Le lieu est charmant à l’abri d’un passage couvert pour finir sur une place pavée, que longe une église où mon grand père, enfant, avait l’habitude de chanter (un autre temps), c’est sûr j’y reviendrai. Note d’addictivité : 8,5/10. Par Ophélie Francq.

Any’Teas 1, passage Sarget, 33 000 Bordeaux 05 65 81 29 86 Instagram

La poire en sabayon de l’Auberge À la Bonne Idée (Saint-Jean-aux-Bois, dans l’Oise)

Le dessert à la poire du chef Sébastien Tantôt – photo Ezéchiel Zérah

Tout le petit milieu de la gastronomie s’extasie – à raison – sur le talent fou du phénomène Sébastien Tantôt, chef d’à peine 31 ans. Son restaurant gastronomique vole très haut malgré son unique étoile Michelin, mais son bistrot vaut lui aussi le détour. J’ai hésité avec les profiteroles, mais j’ai fini par choisir l’un des desserts que l’on ne voit plus guère sur les tables françaises, à la fois très réconfortant (car coulant), mais jamais trop sucré, avec un intense goût de poire et des notes d’amandes. Note d’addictivité : 9/10. Par Ezéchiel Zérah.

La Table de César (Auberge À La Bonne Idée) 3, rue des Meuniers 60350 Saint-Jean-aux-Bois (Oise) 03 44 42 84 09 Site internet 8 € à la carte

Le riz au lait nano bio, compotée de rhubarbe de la Table de Mentone (Saint-Antonin-du-Var)

Riz au lait et rhubarbe à la Table de Mentone – photo Elisa Nguyen Phung

Le château Mentone, niché dans l’arrière-pays varois, est de ces lieux tenus par des hyperactifs – les deux frères à la tête de la propriété sont au four et au moulin. Ou plutôt : au domaine viticole, à la maison d’hôtes et à la ferme-auberge. Sur La Table de Mentone, on ne trouve que du bon. Sans doute, le riz au lait est ce qui y est servi de meilleur. Sous le riz nano (une variété de riz italien rond, très riche en amidon) al dente et crémeux, se cache une compotée de rhubarbe à l’acidité nécessaire. Par-dessus, juste ce qu’il faut de quartiers de fraises et d’éclats de caramel beurre salé pour achever de me convaincre, moi qui, d’ordinaire, ne raffole pas du riz au lait. Note d’addictivité : 8,5/10. Par Elisa Nguyen Phung.

La Table de Mentone – Château de Mentone – 401, chemin de Mentone, 83510 Saint-Antonin-du-Var – 04 94 04 42 00 – Site Internet – Menu du marché à 48 € (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation).

Le « mango sticky rice » de Street Bangok (Paris)

Le riz gluant à la mangue de Street Bangkok (recette du Mandarin Oriental à Bangkok) photo Ezéchiel Zérah

C’est l’un des desserts phares de l’Asie du Sud-Est et il est parfaitement préparé par l’enseigne Street Bangkok, qui indique qu’elle utilise la recette de l’hôtel de luxe Mandarin Oriental à Bangkok. Le gâteau de riz est compact, mais fond sous la dent, les morceaux longilignes de mangue sont suffisamment mûrs pour apporter de la suavité et le petit pot de lait coco (concentré ?) vient lier le tout avec sa sucrosité. Note d’addictivité : 8/10. Par Ezéchiel Zérah.

Street Bangkok – 3, rue Eugène Varlin 75010 Paris – 01 42 05 22 51 – Site internet – 7 € à la carte.

La glace de La Manufacture des glaces d’Alain Ducasse (Paris)

Sorbet pistache wakame, glace chocolat du brésil et gingembre et glace praliné noisette hibiscus photo Elodie Fournier.

Pour moi, pas de saison pour succomber à une glace. Mais quand il faut choisir parmi les saveurs imaginées par le gelatiere bolognais Matteo Casone, à qui le chef étoilé a confié ses turbines, mon incurable valse-hésitation est mise à mal. Poivrées, torréfiées, vanillées, herbacées, tanniques, amères… les associations sont uniques et les textures parfaites avec des inserts voluptueux. Cette fois je fais une infidélité à mon trio gagnant – le match parfait sorbet herbes fraîches, sorbet pamplemousse-vermouth et granité amande – avec un sorbet pistache wakame, une glace chocolat du brésil et gingembre et un praliné noisette hibiscus. Le sorbet évoque des souvenirs de granités siciliens à la texture à la fois légère et à peine laiteuse. La pistache élégante et discrète distille une inhabituelle fraîcheur tenue par l’iode du wakame. Côté chocolat, moins de surprise, mais une adhésion totale aux notes cacaotées et épicées, réveillées par le gingembre. Ma ola va à cet irrésistible praliné, aux noisettes torréfiées encore craquantes, entre la glace et le sorbet, qui réussit l’exploit d’être à la fois frais et gourmand. Bref la saison des glaces est « officiellement » ouverte… Note d’addictivité : 10/10. Par Elodie Fournier.

La Manufacture d’Alain Ducasse 40, rue de la Roquette, 75011 Paris Site web – A partir de 6,50 €.

Les mignardises de l’Assiette Champenoise (Tinqueux, dans la Marne)

Sucettes à la guimauve, barquettes façon LU à la bière, chocolats liquides au miel et autres gourmandises du chef Arnaud Lallement – photo Ezéchiel Zérah

Quand on me demande quel est le meilleur restaurant 3 étoiles Michelin où je me suis attablé, je répondais jusqu’ici La Bouitte, en Savoie. Depuis quelques semaines, s’est ajouté un deuxième nom : l’Assiette Champenoise, table du chef Arnaud Lallement, en périphérie de Reims. J’ai aimé beaucoup de choses là-bas – s’il existait une quatrième étoile, les lieux se verraient décerner une telle distinction –, mais plus encore la touche sucrée finale, avec des sucettes à la guimauve molle ultra-fondantes (au caramel si mes souvenirs sont bons), des barquettes façon LU à la bière (!) ou encore des chocolats liquides au miel. Une folie, un festival. Note d’addictivité : 10/10. Par Ezéchiel Zérah.

L’Assiette Champenoise – 40, avenue Paul Vaillant-Couturier, 51430 Tinqueux 03 26 84 64 64 Site internet Déjeuner à partir de 145 € (transparence oblige, on préfère vous signaler que nous avons été invités par le restaurant sans que cela ne change notre appréciation)